La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est singulière à la fois par l’importance du phénomène de métropolisation, trois métropoles représentent ainsi plus de la moitié du poids démographique, mais aussi par la forte présence de Parcs naturels, parmi lesquels huit Parcs naturels régionaux et un en préfiguration sur son territoire. Ce sont ainsi 576 000 habitants qui vivent dans les espaces ruraux de la région, dont 90% sont sous influence périurbaine. Ces territoires bénéficient de la proximité des pôles d’emploi urbains, d’une présence marquée de l’emploi public et de l’économie présentielle à toutes les échelles du territoire, d’un maintien de l’économie agricole et surtout dans les communes isolées, de la manne que constitue l’économie touristique. Qu’elles soient périurbaines ou plus lointaines, ces campagnes ont aujourd’hui leur propre logique de développement. Tout à la fois en dépendance avec les villes centres et les flux de la mondialisation, et en relation avec les villages, les bourgs, le monde rural et les paysages qui les environnent, elles séduisent par les manières d’être et d’habiter spécifiques qu’elles offrent à leurs résidents.
Si les recompositions démographiques, économiques, et spatiales dans les territoires ruraux donnent à voir des évolutions fortes dans les rapports villes-campagnes, l’existence d’une pluralité de périurbains, mais aussi l’affirmation des Parcs naturels régionaux témoignent de la diversité des configurations villes-campagnes de la région. Avec la pénétration des influences urbaines dans l’espace rural, ce sont désormais de « nouvelles ruralités » qui se font jour au travers des dynamiques de transformation des espaces, des usages résidentiels, récréatifs et productifs, les vécus et représentations des acteurs, leur rapport à la nature, au patrimoine, aux enjeux écologiques. Dès lors, dans quelle mesure la dynamique de métropolisation modifie-t-elle l’approche de la campagne ? En quoi les Parcs naturels régionaux sont-ils le réceptacle de la diversité des ruralités, notamment au regard de la patrimonialisation des campagnes ? Ce onzième numéro de La Focale revient sur différents travaux d’études récemment menés par la Région en collaboration avec les agences d’urbanisme de la région, l’Insee et l’Université de Toulon pour interroger les modes de vie et d’habiter les campagnes urbaines à travers les profils contrastés des Parcs naturels des Alpilles et du Verdon actuellement engagés dans la révision de leurs chartes.