3 Questions à Renaud Muselier

Président de la Région SUD, Président de Régions de France

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Le SRADDET régional a été approuvé le 15 octobre dernier après un long processus de travail. La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur est la première région de France à avoir approuvé cette stratégie. Quels ont été les principaux leviers qui ont permis l’aboutissement de la démarche ?

Je dirais que c’est l’alliance de trois leviers majeurs qui a permis l’aboutissement de la démarche. Tout d’abord, notre volonté sans faille, avec les élus de ma majorité, de donner du sens à notre action et de travailler sans relâche à construire un avenir prospère pour nos territoires tout en leur assurant un développement équilibré et qui préserve leurs atouts naturels. Nous avons la chance de vivre dans un petit pays, entre mer et montagne, il est de notre responsabilité de le préserver, et de sortir de la logique d’aménagement des dernières décennies sans pour autant mettre le territoire sous cloche. Je me suis fixé une ligne de conduite à la tête de la Région : des résultats à trois ans pour une vision à 20 ans. Il nous a fallu trois ans pour élaborer notre SRADDET et il traduit une vision du territoire à 20 ans. Et même au-delà. Nous avons pu pour cela nous appuyer sur les diagnostics stratégiques dont nous disposions à la Région afin d’ouvrir rapidement le travail de co-construction avec les acteurs du territoire et permettre d’une part de respecter le délai fixé par la Loi d’achèvement du Schéma pour l’été 2019 et d’autre part d’être prêts pour une mise en œuvre avant la fin du mandat régional. La Stratégie régionale de la connaissance mise en place avec les principaux producteurs de données, INSEE, Agences d’urbanisme et universités, a été un atout précieux pour documenter nos travaux.

Forts de cela, nous avions besoin en second lieu d’une bonne organisation. Nous avons ainsi mis en place une équipe de pilotage autour des élus régionaux en charge des différents domaines concernés par le schéma que j’ai eu le plaisir de présider. Au sein des services de la Région, une équipe projet très impliquée et motivée a travaillé sans relâche pendant trois ans auprès du Directeur Général des Services, ce qui a facilité la mobilisation de l’ensemble des directions concernées.

Enfin, c’était une de mes exigences pour le travail d’élaboration, mais également demain, dans la mise en œuvre du Schéma, il fallait un travail poussé en partenariat avec les acteurs du territoire et avec l’Etat. Devant cet exercice très lourd, complexe et inédit, nous avons eu besoin de tous les éclairages et de l’expérience de l’État et du terrain. Chaque grande étape d’élaboration du SRADDET a été validée en comité partenarial, et chaque document produit a été expertisé par les services de l’État ce qui a permis d’ajuster régulièrement les propositions.

 

Quelle serait la spécificité du SRADDET Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur par rapport à d’autres stratégies régionales ?

Nous sommes la première, et à cette heure, la seule Région à avoir achevé la démarche d’élaboration du SRADDET. Il est donc difficile de se comparer aux autres. Sa spécificité tient peut-être à celle de notre territoire qui est particulièrement diversifié, ce qui en fait par ailleurs la beauté mais également la complexité. Entre un littoral qui accueille trois des dix plus grosses agglomérations de France et où la logique métropolitaine est donc très développée, et le bassin rhodanien d’une part et le vaste territoire de la Durance et du massif Alpin d’autre part qui le bordent, notre région est un véritable écrin de France. Elaborer une stratégie qui assure la cohérence de l’ensemble, une dynamique commune, un équilibre entre les territoires tout en les préservant a été ardu. Mais nous y sommes parvenus. C’est peut-être donc cela la spécificité de notre SRADDET, au-delà de la diversité de nos territoires et de leurs logiques, nous avons dépassé ensemble nos différences pour atteindre un objectif qui nous dépasse : assurer à nos enfants de pouvoir vivre demain dans un territoire attractif, dynamique, équilibré et préservé.

La stratégie de notre SRADDET propose ainsi une rupture avec le modèle d’aménagement du territoire de ces dernières années. Elle se propose de renouer avec une attractivité démographique maitrisée tout en améliorant considérablement la qualité de vie, en préservant les ressources, en conduisant une reconquête de la biodiversité, en anticipant les enjeux climatiques, énergétiques et de gestion des déchets. Pour cela le SRADDET définit une stratégie urbaine qui distingue différents niveaux afin de mieux en maîtriser le développement, la répartition des dessertes et des équipements pour assurer un équilibre, et la consommation d’espace qui doit impérativement être maîtrisée. Il en résulte 68 objectifs et 52 règles qu’il nous appartient collectivement, Région et acteurs des territoires, de mettre en œuvre et de respecter.

 

Maintenant que la stratégie est approuvée, quel sera le rôle de la Région dans l’accompagnement des collectivités dans sa mise en œuvre ?

Nous avons construit le SRADDET dans le dialogue, nous allons le mettre en œuvre dans le dialogue, j’y suis particulièrement attaché. La Région se veut pédagogue, nous accompagnerons au mieux les territoires dans leurs exercices de planification, mais aussi dans la mise en œuvre des projets dont le territoire a besoin. La Région conformément à sa compétence en matière d’aménagement va à présent engager la préparation des nouvelles générations de contrats et de programmes aux cotés de l’État et de l’Europe pour la période 2021/2027. Nous y sommes déjà. Nous poursuivions également le travail engagé, dans la définition d’outils communs sur la gestion de l’espace par exemple, car nous savons que cet exercice réalisé dans un délai tellement contraint a ses limites et qu’il y a encore bien des chantiers à conduire. Le dialogue pour l’avenir de nos territoires continue.