3 Questions à David Géhant

Vice-Président en charge de l’aménagement du territoire, de l’aide aux communes et aux intercommunalités

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Vous venez d’être élu Vice-Président en charge de l’aménagement du territoire, de l’aide aux communes et aux intercommunalités. Quelle vision de l’aménagement porterez-vous durant votre mandat ?

David GEHANT : Aménager notre territoire, c’est nous donner les moyens de mieux-vivre dans notre région grâce à un développement harmonieux qui préserve l’environnement, qui protège nos habitants face aux risques, et qui permet d’atteindre la neutralité carbone. En tant que collectivité cheffe de file pour l’aménagement du territoire et le développement économique, notre responsabilité est de continuer à agir, d’autant plus dans un contexte règlementaire qui se renforce.

Adoptée le 22 août 2021, la Loi Climat et Résilience fixe de nouvelles règles du jeu. En matière de lutte contre l’artificialisation des sols, la consommation d’espace devra diminuer de 50 % d’ici 2030 et la construction de nouvelles surfaces commerciales de plus de 10 000 m2 sera interdite. En matière de rénovation énergétique des bâtiments, les logements les plus énergivores ne pourront être mis en location. En matière de transport, le fret ferroviaire et fluvial sera davantage développé… Et la liste est longue !

En ayant été en 2019 la première Région à avoir adopté son Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), nous sommes prêts pour ces évolutions. Mieux, nous pouvons presque dire que nous les avons anticipées. À présent, il s’agit de mettre en œuvre notre stratégie régionale avec l’aide de tous les territoires.

 

« Nous observons que les collectivités s’approprient de mieux en mieux les orientations du Schéma régional d''aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires »

 

Très concrètement, comment les objectifs du Schéma régional d''aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires se traduisent dans les faits ?

D. G. : La réponse est simple : c’est un travail d’équipe. Un travail que nous menons avec l’État avec qui nous avons conclu fin 2020 un Contrat d’avenir dont plusieurs des priorités concourront fortement à l’atteinte des objectifs fixés par le SRADDET : adaptation au changement climatique, rayonnement et revitalisation des territoires, économie circulaire, décarbonation de l’activité… Nous savons tous que le financement est le nerf de la guerre, et le Contrat d’avenir constituera un atout supplémentaire pour les collectivités.

Car ce sont elles – communes, communautés de communes, d’agglomération, métropoles ainsi que les Etablissements publics porteurs de SCoT et les Parcs naturels régionaux – qui sont la clé de la réussite. D’ailleurs, nous observons qu’elles s’approprient de mieux en mieux les orientations du SRADDET. Evidemment, certains sujets demeurent sensibles, tout n’est pas parfait, mais les pratiques évoluent dans le bon sens : celui de l’intérêt de notre territoire régional.

La mandature qui débute sera celle de l’approfondissement de cette belle dynamique enclenchée en 2019. Pour ce faire, nous aurons besoin de renforcer nos mécanismes de dialogue et de travailler sur la territorialisation de notre approche : il nous faudra rapprocher objectifs nationaux, stratégie régionale et réalités locales. Je n’ai jamais dit ou pensé que cela serait chose aisée. Mais j’y prendrai toute ma part.

 

Quelles sont les prochaines étapes du côté de la Région ?

D. G. : Pour fixer un cap, il faut nous baser sur des faits solides et des preuves tangibles. C’est pourquoi nous allons collectivement prendre connaissance du premier bilan de mise en œuvre du SRADDET, qui sera présenté lors de l’Assemblée régionale de décembre 2021. Il comprendra un récapitulatif des actions menées, un suivi d’indicateurs statistiques, ainsi qu’une étude de l’intégration des objectifs et règles du SRADDET dans les projets de planification (Schémas de cohérence territoriale, Plans climat air énergie territoriaux, Plans de mobilité…) portés par les collectivités. Cette base documentaire nous permettra de décider de la suite à donner.

Nous savons d’ores et déjà que nous devrons intégrer dans le schéma les évolutions règlementaires de ces dernières années, et je peux vous assurer qu’elles ont été nombreuses : climat, aménagement, développement durable, transport, gestion des déchets… Nous avons également la possibilité d’adapter le SRADDET, c’est-à-dire d’apporter des modifications plus substantielles à notre stratégie régionale. Ce choix nous appartient, et nous avons encore quelques mois pour le prendre collectivement.

 

Une fois n'est pas coutume, nous vous avons réservé une quatrième question. Vous continuerez également à exercer un rôle actif dans une commission dédiée à la transition numérique des entreprises et des territoires. Pourquoi ce sujet vous tient-il autant à cœur ?

D. G. : J’entends souvent dire : « le numérique, c’est l’avenir. » C’est faux ! Le numérique c’est le présent, c’est notre quotidien. Il s’agit aussi d’une solution pour désenclaver nos territoires ruraux, à l’heure où les opportunités résidentielles et professionnelles ouvertes par le télétravail posent déjà la question de leur connectivité. Je pense aussi à nos seniors, dont la télémédecine améliore le suivi médical, en complément bien sûr de la présence indispensable de praticiens sur le terrain.

Nos entreprises aussi ont besoin d’infrastructures numériques de très grande qualité pour poursuivre la modernisation de leurs activités, l’optimisation de la gestion de leurs flux, avec tous les bénéfices que cela implique en matière d’économies de ressources, de transports… Le numérique est l’allié objectif du développement durable. Et quand je vois que les deux tiers des locaux régionaux sont d’ores et déjà reliés à la fibre, je me dis que nous sommes en bonne voie pour atteindre l’objectif SRADDET de 100 % du territoire régional couvert en Très Haut Débit fixe ou mobile dès 2025.